L’Alsace

La région la plus orientale du vignoble français porte en elle deux traditions : la germanique et la française. Cela en fait certainement celle qui donne le plus d’informations sur son étiquette ! Le cépage, le nom de la cuvée, le degré de maturité de la vendange, parfois le taux de sucre sur la contre-étiquette, le lieu-dit ou le nom du Grand Cru… Sur une bande étirée de Bergbieten à Thann, le vignoble se concentre autour de Colmar. Cinquante-et-un grands crus ont été choisis — ce qui fait beaucoup pour un vignoble de cette taille : plus que la Bourgogne et la Champagne !
La complexité de l’appellation fait aussi son charme : les cuvées sont définies par leur cépage (riesling, gewurztraminer, pinot gris, pinot blanc…), leur lieu-dit, leur hiérarchie, et leur degré de sucre (Vendanges Tardives, Sélection de Grains Nobles).

Peu de domaines privilégient le style de vin issu de la tradition germanique : des rieslings secs et élancés, au nez si caractéristique. La structure de la production, avec de grosses caves coopératives qui vendent en grande distribution, fait ressortir un style de vin sans âme, pâteux, court… sans intérêt. Et pourtant, on y trouve aussi les vins les plus remarquables, au style unique, qui expriment leur terroir et leur cépage, en plusieurs versions.

Il reste la gastronomie alsacienne, qui ne se marie qu’avec les vins locaux. Riche de ses traditions rhénanes, la gastronomie alsacienne est exceptionnelle, riche en goût, et elle a besoin de vins typés. Parmi ceux-ci, les vins rouges font un retour en grâce, sans doute lié au réchauffement climatique et à certains producteurs motivés et talentueux. On est loin, aujourd’hui, des pinots rosés des années 70. C’est donc une région riche de son passé mais pleine de promesses d’avenir que nous devons (re)découvrir.