
Bureau National Interprofessionnel du Cognac
Fondé en 1946, le BNIC est l’héritier du fameux Bureau de répartition des vins et eaux-de-vie institué par le régime de Vichy en 1941. Celui-ci avait pour mission de répondre aux demandes de l’occupant allemand, tout en protégeant les stocks et les revenus des acteurs de la filière — mission délicate et typique de ces années compliquées.
Comme toujours, laissons la parole à l’organisme lui-même :
« Composé à parité viticulture/négoce, sa vocation première est la protection de l’Appellation d’Origine Contrôlée Cognac, le développement économique de la filière et la représentation de l’intérêt général des 4 251 viticulteurs, 133 bouilleurs de profession et 244 négociants composant l’appellation.
Les missions du BNIC, aux côtés des élus professionnels et des partenaires syndicaux, sont de sécuriser, pérenniser et développer l’appellation, informer et assurer une veille permanente, anticiper, promouvoir une image, protéger et valoriser l’expérience du consommateur, et ce au bénéfice de l’ensemble des acteurs du Cognac.
Parmi ses missions, le BNIC endosse un mandat de service public, avec, depuis l’origine (1946), une délégation de service public pour le compte de la Direction générale des douanes et droits indirects, mais aussi des missions économiques. Enfin, depuis 2010, le BNIC est reconnu Organisme de Défense et de Gestion (ODG), confortant ainsi l’institution dans son rôle de défense de l’appellation. Pour rappel, l’ODG est la structure qui gère et suit le cahier des charges de l’appellation et la mise en œuvre du plan de contrôle associé. »
Le BNIC a donc une mission semblable au CIVC, qui est son modèle, de représentation paritaire et de défense de l’appellation. Il ne va toutefois pas aussi loin dans la partie recherche et développement, essentielle en Champagne.
C’est aussi un organisme tatillon, souvent critiqué pour sa proximité avec les négociants, et surtout avec le plus grand d’entre eux. Il faut dire qu’avec la moitié des volumes vendus dans le monde, ce négociant tient une place économique essentielle.
Les règles ne changent guère en Charentes, mis à part l’histoire du millésime. Interdit après-guerre, il est à nouveau autorisé en 1988 ; il faut admettre qu’il était ridicule que les seuls cognacs millésimés fussent ceux mis en bouteille en Angleterre (à partir de cognac envoyé en fût).
De produit de la plus basse qualité au XIXe siècle, le millésime est devenu, par la magie d’un marché qui préfère la simplicité à la complexité, une spécialité hors de prix. Il est amusant de constater que les millésimes du XIXe siècle, qui étaient l’entrée de gamme des grandes maisons, soient devenus des articles de collection, alors que les cuvées non millésimées, fierté des mêmes maisons, ne valent pas grand-chose !
Le site internet du BNIC est une précieuse source d’information : il donne notamment à réfléchir sur la reconnaissance de la profession à l’égard de l’empereur Napoléon, qui, avec son blocus, a ruiné la région ! C’est son neveu, Numéro III, qui a rétabli les accords de libre-échange avec l’Angleterre, source d’une grande partie de la prospérité dans le monde du vin et des spiritueux.
