Bien que dépourvue de grand cru, l’appellation Meursault est une des plus connues de la Bourgogne, son nom résonnant dans le monde entier comme l’incarnation des plus grands vins blancs de la planète, avec Puligny-Montrachet. Son premier cru « Les Perrières » est largement considéré comme le plus grand, mais d’autres crus comme les Charmes ou les Genevrières sont également magnifiques, tandis que des parcelles en appellation « Villages » ont aussi conquis, à défaut de lettres de noblesse, de véritables privilèges bourgeois : les Narvaux, les Tessons, les Tillets, les Meix-Chavaux… Autrefois important producteur de vin rouge, Meursault a progressivement dérivé vers une production quasi exclusive de blanc, au grand dam de certains anciens dont le célèbre Henri Boillot (le grand-père) qui disait que Blagny était le meilleur cru de rouge de la côte, devant Volnay et Pommard.
Le Clos des Perrières a été pressenti pour devenir grand cru, mais sa situation de Monopole du domaine Albert Grivault lui laisse peu de chances d’y parvenir. Il est également à noter que le château de Meursault est situé hors de l’appellation, dans le bas du village : le « clos du château » n’a donc pas le droit au nom de Meursault !
Meursault est également le siège de quelques-uns des plus grands producteurs de la Bourgogne, et notamment l’un des plus iconiques : Coche-Dury.
Albert Grivault
Domaine traditionnel, il bénéficie d’une situation exceptionnelle sur le premier cru « Les Perrières » avec en outre son monopole « Clos des Perrières » et ses cuvées « Clos du Murger », à cheval sur Meursault et l’appellation Bourgogne. Si ce domaine n’a pas les faveurs de la presse spécialisée, il produit de très bons vins à des prix moins excentriques que la plupart de ses voisins.
Boisson-Vadot (Anne Boisson, Pierre Boisson)
Derrière ce domaine, il y a la personnalité truculente de Bernard Boisson, père d’Anne et de Pierre, qui incarne à merveille la rondeur de Meursault et le plaisir de son entretien. Cette génération qui connut les difficultés lègue à la suivante une prospérité sans équivalent. Le domaine produit quelques rouges convenables, mais ce sont évidemment les blancs qui emportent l’adhésion, avec des cuvées particulières, un style distinctif, et des vins qui ont généralement besoin d’une bonne dizaine d’années avant de se révéler. C’est alors que la magie opère ! Le domaine produit aussi des petits vins de qualité, mais on privilégiera les Meursault les Grands Charrons, si l’on peut s’en procurer.
Coche-Dury
L’un des vins les plus recherchés au monde, le domaine a été relancé par Jean-François Coche-Dury, vigneron et surtout vinificateur exceptionnel. Les vins ne sont pas filtrés, sauf exception (2000), et tous les étages sont de très haut niveau : aligoté, Bourgogne chardonnay, Meursault, Rougeots, Caillerets, Perrières et évidemment le Corton-Charlemagne, un des vins blancs les plus chers du marché. Le domaine produit également un Puligny et quelques vins en rouge (Monthelie). Le changement de génération n’a pas affecté la qualité des blancs et plutôt amélioré celle des rouges.
Jean-Marc Roulot
Doté d’un outil de travail impressionnant, Jean-Marc Roulot est certainement le plus fin dégustateur de Meursault : il en a fait sa marque de fabrique, vinifiant les crus séparément jusqu’à l’extrême parcellisation du vignoble. Ses vins atteignent la pureté la plus absolue : aucun arôme parasite ne doit gâcher le travail effectué par le vigneron, et surtout pas le fût. Une dégustation chez Roulot, c’est une promenade dans les vignes de Meursault, avec toutes leurs nuances. Le vigneron est aussi acteur, mais ses vins ne sont pas du cinéma.
Jacques Prieur
Très beau domaine de Meursault mais aussi grand propriétaire dans d’autres appellations, notamment en grands crus, le domaine Jacques Prieur fait des vins spectaculaires, qui ont parfois été un peu trop boisés. Cette tendance tend à s’estomper, il reste à souhaiter que les tarifs suivent la tendance du bois : un apaisement.
Comtes Lafon
Autre domaine iconique de Meursault, il n’est plus dirigé par le sympathique Dominique Lafon, qui a repris une autre activité avec son fils. Ce domaine n’a pas évité le piège des années 1990, où les bâtonnages excessifs et les fûts trop neufs ou trop soutirés donnaient des vins prématurément oxydatifs. La situation est aujourd’hui rétablie, et l’on espère que les vins continueront sur leur lancée. Son Volnay fait partie des meilleurs rouges de l’appellation.
Henri Boillot
Le domaine, présent à la fois à Puligny et à Meursault, propose une belle série de crus de très haut niveau. Son village est déjà remarquable, son Genevrières exceptionnel. Il possède des crus en Monopole sur les principaux villages de blanc et une large gamme, tous les grands crus compris.
Auvenay
Parmi les grands vins que produit Madame Bize-Leroy, l’un des plus célèbres est son Meursault Narvaux, qu’elle a hissé, tant qualitativement que pécuniairement, au niveau d’un grand cru. On ne pouvait donc omettre ce domaine dans une évocation de Meursault, bien qu’il soit basé à Auxey-Duresses.
Bouzereau
Bouzereau n’est pas un domaine, mais une dynastie murisaltienne ! Les domaines sont si nombreux qu’on peine à les compter : Vincent, Michel, Philippe, Jean-Marie, sans oublier Bouzereau-Gruère et Bouzereau-Emonin. Généralement de bon niveau, les Bouzereau couvrent l’appellation de leurs ailes protectrices.
Mikulski
Voici un domaine qui cultive l’originalité, à commencer par ses bouteilles si particulières. Le style n’est pas en reste, en faisant un vin à nul autre pareil. On peut adorer, ou au contraire trouver qu’il est trop éloigné des attentes de l’appellation. Le prix est élevé, ce qui montre que le domaine a ses inconditionnels.
