Puligny-Montrachet

Sis au sud de Beaune, le village de Puligny-Montrachet bénéficie des plus belles appellations de vin blanc de France, donc du monde. Le Montrachet, dont une partie est partagée avec Chassagne, est considéré depuis le Moyen Âge comme le plus grand terroir de la Bourgogne, et par Curnonsky comme l’un des cinq grands vins blancs de France. Si le débat entre amateurs sur la primauté du Montrachet sur son voisin le Chevalier-Montrachet existe, il ne fait que souligner la supériorité de Puligny sur ses voisins et concurrents fraternels, Chassagne-Montrachet et Meursault.

Les noms mythiques se succèdent en effet : Bâtard-Montrachet, Bienvenues-Bâtard pour les grands crus ; Pucelles, Clavoillon, Folatières, Perrières, Combettes, Truffière, et encore les Referts — peut-être le plus caractéristique de tous. Puligny-Montrachet bénéficie aussi de grands domaines réputés, entre les familles Leflaive, Sauzet, Carillon, Boillot, qui, au gré des partages successoraux, multiplient les étiquettes portant leur nom.

Si le chanoine Kir ajoutait au Montrachet de la crème de cassis — autre spécialité locale — afin de créer l’apéritif portant son nom, les amateurs, aujourd’hui, évitent ce sacrilège : il faut rappeler qu’à l’époque du bon chanoine, le climat était souvent plus froid et les vins plus acides. Aujourd’hui, un tel crime susciterait certainement de violentes réactions !

Les vins de Puligny se caractérisent par leur fraîcheur, leur minéralité, leur tension… tous ces mots pour dire qu’ils sont généralement plus acides que leurs voisins, sauf les Bâtard, plus ronds. Le style du domaine influe aussi bien sur la typicité du vin que sur sa capacité de vieillissement. Il n’est pas impossible de boire des grands crus de plus de cinquante ans qui expriment encore toute leur jeunesse.

Domaine Leflaive

Longtemps érigé sous la houlette d’Anne-Claude Leflaive comme le domaine de référence de la biodynamie en blanc — avec des conséquences parfois hasardeuses sur certains millésimes, comme 2004, très réussi partout ailleurs —, le domaine est aujourd’hui géré dans une continuité moins revendicative et plus centrée sur les vins eux-mêmes.
Si la plupart des cuvées ont atteint des prix qui les réservent aux grandes fortunes, le domaine a développé des appellations moins nobles, qui permettent de bénéficier de son savoir-faire à des tarifs qui restent élevés, mais abordables. Le domaine Leflaive demeure la référence du village, avec un style revenu au service de la typicité des crus.


Olivier Leflaive

Impossible de ne pas parler de l’autre branche de la famille Leflaive : longtemps négociant, Olivier Leflaive a développé avec inventivité une étiquette alternative, créant l’une des premières tables d’hôtes vigneronnes en Bourgogne, puis, avec les vignes autrefois issues du domaine familial, son propre domaine — de très bonne qualité.
Hélas, les prix n’ont pas tardé à s’envoler également. Il possède par ailleurs un domaine en Champagne, qui élabore des cuvées de Blanc de Blancs fort estimables, et un restaurant à Puligny de très bon niveau.


Domaine Sauzet

Issu de la répartition familiale — et conflictuelle — des domaines des deux grands-pères, Étienne Sauzet et Henri Boillot, le domaine Sauzet actuel bénéficie d’une gamme très complète de grands crus et de nombreux premiers crus.
Si les prix sont élevés, ils ne sont pas démesurés et sont parfaitement justifiés par la qualité des vins. À cette nuance près : les cuvées du domaine Sauzet ont besoin de nombreuses années pour se révéler. Les boire jeunes est une absurdité, tant le style de vinification ne leur permet de s’ouvrir qu’au bout de dix à vingt ans (selon les crus). Mais alors, quel émerveillement ! Chaque bouteille sera la meilleure — ou l’une des meilleures — de sa catégorie, presque tous les ans. À recommander pour l’amateur patient.


Jean-Marc Boillot

Un domaine assez controversé, lui aussi issu de la répartition des vignes d’Henri Boillot et d’Étienne Sauzet. Jean-Marc Boillot s’était fait une spécialité de vins bâtonnés et soutirés, se présentant remarquablement à la dégustation au fût… mais vieillissant très mal.
Il compte donc des amateurs inconditionnels, buveurs de vins jeunes, et des détracteurs tout aussi déterminés, qui considèrent que le vin doit être oublié quelques années en cave. Le style évolue avec le changement de génération, mais il est trop tôt pour dire si les résultats seront au rendez-vous. Le domaine produit également des vins rouges de très bon niveau (dans les appellations voisines).


Henri Boillot

Troisième domaine issu de la succession Sauzet & Boillot, il reprend le nom historique du grand-père — qui est aussi celui du propriétaire actuel. Grand spécialiste des vins blancs, il a consacré sa vie à être présent dans toutes les meilleures appellations de blanc de Bourgogne, et à posséder également un clos en monopole dans chaque village.
Ses Meursault sont d’une rare élégance, et ses Puligny — dont le Clos de la Mouchère, en monopole au sein des Perrières — d’une brillance exceptionnelle. Le domaine produit aussi des vins rouges, notamment en Volnay, mais a revendu une partie de ses vignes pour financer des acquisitions en blanc.

Jacques Carillon

Issu de la séparation du domaine Louis Carillon, Jacques Carillon est avant tout un vinificateur qui privilégie la tension des vins, leur pureté, leur longueur. Ses cuvées sont d’excellente facture et restent à des prix presque abordables — en tout cas pour la région. La gamme bénéficie d’un grand cru, en Bienvenues, ainsi que des Referts, Perrières et Combettes. La cuvée « villages » est l’une des meilleures de l’appellation.


François Carillon

L’autre moitié du domaine Louis Carillon est dirigée par François, qui était le spécialiste « vignoble » lorsque les deux frères étaient réunis. Est-ce la raison pour laquelle ses premiers vins semblaient un peu hésitants sur la marche à suivre ? Toujours est-il que les vins sont aujourd’hui de bonne qualité, avec une droiture qui s’affirme — même s’il est encore trop tôt pour juger de leur capacité de vieillissement.

Jean Chartron

Domaine discret, presque à l’écart du village, il possède quelques vignes parmi les plus extraordinaires de Puligny, avec les Clos Monopole des Chevaliers et de la Pucelle. Le domaine est engagé dans une démarche qualitative qui lui permettra certainement de trouver une plus grande régularité.

Alain Chavy

Petit domaine de très grande qualité, il possède la particularité d’être l’autre propriétaire du premier cru « Clavoillon » avec le domaine Leflaive, dont il tire un vin qui rivalise avec son puissant voisin, sauf pour le prix !

Paul Pernot

Domaine traditionnel rarement visible, il offre un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) rapport qualité-prix de l’appellation. A découvrir.