Le Goût du Vin

Haec est vexata quaestio !

Quelle notion pouvons-nous avoir du goût du vin ? Comment parler du goût d’un vin ? Existe-t-il un goût ? Le goût, c’est la grande affaire de la vie, c’est la plus personnelle, car personne ne pourra jamais savoir ce que goûte réellement son voisin, c’est aussi un élément extérieur et « objectif », le goût d’un aliment étant le même pour tout le monde, et pourtant le plus subjectif qui soit, puisque chacun le réinterprète à son aune, en fonction de son éducation et de ses capacités.

Le goût du vin est avant tout un élément fragile, le vin pouvant passer de vie à trépas, et de la mort à la vie.

Le goût du vin dépend aussi de son verre, expérience amusante que chacun peut faire chez soi, un même vin dans quatre verres différents, quatre vins différents !

Le goût du vin est d’autant plus difficile à cerner qu’à l’intérieur d’une même bouteille il est déjà changeant. Là aussi, une expérience facile à reproduire chez soi : prenez une bouteille (un magnum de préférence), décantez la moitié, servez un verre de la carafe et un verre de la bouteille, même sans attendre : ils sont différents.

Ne parlons même pas des vins décantés et des autres, j’ai suffisamment écrit sur l’absolue nécessité de décanter les vins anciens, et plus ils sont vieux, plus c’est nécessaire.

Voici, en quelques lignes à peine, toute une série de pistes de réflexion sur le goût du vin. Et cela, sans même se livrer au jeu ridicule de celui qui trouve le plus de goûts ! Car nous n’aborderons pas ici ce débat de « spécialistes » sur les multiples sensations gustatives qu’utilisent certains dégustateurs (métal refroidi, foutre de lièvre, fleurs blanches, fruits à chair blanche, etc) qui me rappellent ce vieil adage : ils parlent jusqu’à ce qu’ils aient quelque chose à dire…

Cette pratique d’associer des arômes au vin, au départ à vocation pédagogique et à l’intention des œnologues, a été dévoyée par des dégustateurs en panne de sensations mais pas d’imagination : quel dégustateur a pu goûter du métal en fusion pour comparer avec du métal refroidi ? Qui a eu l’idée de pratiquer une fellation à un lièvre ? Qui a offert des fleurs blanches sans remarquer que leurs parfums étaient tous différents ? Et qui n’a jamais vu qu’une pomme, une poire ou une pêche blanche n’avaient pas le même goût ? Laissons là les cuistres, et parlons peu, mais bien.

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La décantation des vins vieux

Le service du vin

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