Les spiritueux d’origine étrangère

Whisky, vodka, gin : autant de spiritueux qui n’ont pas été inventés en France mais qui sont désormais produits sur le territoire. On en trouve un peu partout: le whisky en Bretagne, en Champagne ou en Corse ; le gin est produit dans presque toutes les régions, la vodka également.

À l’origine, ces trois spiritueux reposent sur un principe commun : un distillat de céréales (blé, orge, seigle, maïs selon les traditions). Ils ne sont donc pas « strictement identiques », mais procèdent d’une même base technique : fermentation d’un moût de grain puis distillation. Une partie importante de l’alcool neutre utilisé en France provient en effet de grandes coopératives céréalières, notamment en Champagne.

Le whisky peut être fumé ou tourbé, selon le séchage du malt, puis vieilli en fût — étape déterminante qui façonne son profil aromatique. La vodka, traditionnellement neutre et non vieillie, peut être aromatisée (poivre, citron, herbes…), même si cette pratique s’éloigne de sa vocation première de pureté et de neutralité.

Le gin, quant à lui, est défini par la présence dominante de baies de genièvre, macérées dans l’alcool et éventuellement avec d’autres plantes, épices ou agrumes (les botanicals). Les versions les plus qualitatives procèdent à une redistillation ; d’autres se contentent d’une simple macération suivie d’une filtration. Une tendance récente consiste à faire vieillir certains gins en fût — pratique encore marginale mais visible, notamment dans la région de Cognac.

Le gin méritera un chapitre plus élaboré, car s’il n’est pas réellement français, il dérive néanmoins de l’alcool de genièvre du nord et de la Belgique, qui, prononcé par les Anglais, a donné gin, comme « tenez ! », au jeu de paume, est devenu « tennis ».