Muscadet

Le Muscadet est un vin blanc. Voilà, on a tout dit… Théoriquement, l’appellation se divise en sous-appellations dont la plus connue est « Sèvre et Maine » souvent « sur lie ».

Le vignoble s’étend au sud de la Loire, sans grand relief mais dans des zones qui sont rocheuses (montagnes très anciennes) et marécageuses… Autant dire que la diversité y règne.

Longtemps, le domaine Chéreau-Carré portait l’appellation avec des versions haut-de-gamme, mais avec des méthodes parfois désuètes : l’élevage en fût n’est pas la solution à tous les problèmes !

Une nouvelle génération de jeunes vignerons a laissé les mauvaises habitudes locales (hauts rendements, travail bâclé) pour essayer de faire de grands vins blancs dignes des meilleures tables. Afin d’identifier les meilleurs vignobles, l’appellation a créé les crus de Muscadet (Clisson, Goulaine, Le Pallet, etc.). Au nombre de trois puis de sept, ils expriment des versions choisies du terroir, des règles plus strictes de plantation.  

Les nouveaux vignerons ont également largement développé la biodynamie, ou le bio, afin de diminuer l’impact environnemental, même si ce sujet est controversé.

Malheureusement, certains de ces vignerons choisissent de contourner l’appellation et de commercialiser en « vin de France », ce qui correspond bien à une certaine clientèle mais ne favorise pas la notoriété de l’appellation, en utilisant d’autres cépages que le fameux « Melon de Bourgogne ».

Cela n’empêche pas l’appellation Muscadet de progresser en qualité et en image, avec des prix qui suivent. Les expériences de vin rouge, hors appellation, convainquent très relativement mais ont su trouver leur public.

Le Muscadet connaît donc aujourd’hui un renouveau qualitatif remarquable, porté par plusieurs producteurs de talent. On peut citer le domaine Jo Landron, qui a beaucoup fait avec sa cuvée « Amphibolite » pour populariser le nouveau style régional. Un magicien, le Jo ! Surtout un pionnier, puisqu’il commença en 1979 et vécut donc la crise puis la prospérité du « Mumu », devenu un vrai vin de gastronomie.

Cette notice étant, comme pour toutes celles d’Œnopedia, le résultat de rencontres et d’expériences personnelles, elle ne parle que des domaines réellement visités, dégustés ou suivis.

Domaine Luneau-Papin

Issu de deux dynasties vigneronnes du XVIIe et XVIIIe siècles, ce domaine existe depuis les années 90. Au changement de génération, il a pris le parti de vinifier uniquement les cépages locaux en culture biologique.

27 hectares sont en production avec dix cuvées différentes. Cela commence avec La Grange (au Landreau), Le Verger (La Chapelle) qui sont les cuvées d’entrée de gamme, très typiques, suivies par les nombreuses autres en particulier Vera Cruz et Terre de Pierre.

La totalité de la production est en blanc, ce qui n’a pas toujours été le cas : cette décision de Pierre-Marie et Marie fait du domaine Luneau-Papin sans doute le meilleur défenseur de l’appellation aujourd’hui et sa plus belle vitrine.

Le grand nombre de cuvées ne rend toutefois pas le travail de suivi facile !

Jérôme Bretaudeau

On ne peut rencontrer Jérôme Bretaudeau sans l’aimer : homme de convictions, toujours à la recherche de l’excellence, il sait aussi reconnaître des erreurs. Parti de rien en 2005, si ce n’est une expérience de pépiniériste, il a bâti ce domaine de premier plan en seulement vingt ans, date où il a été choisi par la Revue du Vin de France comme meilleur vigneron de l’année.

Aussi étonnante soit cette distinction (un bon vigneron ne l’est-il pas chaque année ? Est-il moins bon l’année suivante ?), elle récompense une recherche, un sérieux, un travail de grande qualité et d’une grande continuité. Jérôme Bretaudeau est un homme qui est resté modeste et joyeux, malgré le succès.

Quant au domaine lui-même, il s’est fait connaître par ses rouges (merlot et pinot noir) mais fait surtout des blancs remarquables, en appellation (Clos des Perrières) ou avec des cépages exotiques (La Justice, assemblage chardonnay/savagnin).

Les vignes, à base de sélections massales, sont évidemment cultivées sans intrants, en plantation haute avec haute densité, protégées du gel par un astucieux système de fils électriques chauffants.

Les vins sont pressés et macérés en foudres, en cuves béton, en quelques cuves inox… mais plus d’amphores, car elles posent des questions d’hygiène. Les vins sont limpides, équilibrés, d’une grande finesse et d’une grande élégance.

Le domaine fourmille de projets, notamment un chai enterré au-dessus des vignes de rouge.

Muscadet – Fiche technique

  • Région viticole : Loire-Atlantique (Pays Nantais)
  • Superficie : environ 8 000 ha
  • Cépage (presque) unique : Melon de Bourgogne (appelé localement Muscadet)
  • Production annuelle : environ 400 000 hl
  • Crus communaux reconnus : Clisson, Gorges, Le Pallet, Goulaine, Château-Thébaud, Monnières-Saint-Fiacre, Mouzillon-Tillières (d’autres en reconnaissance : Vallet, Champtoceaux, Coteaux de la Loire, La Haye-Fouassière…)
  • Style des vins : blancs secs, tendus, souvent élevés sur lies ; longue garde possible dans les meilleurs crus