Le Pape de la biodynamie, ainsi a été qualifié Nicolas Joly, qui a réussi à convaincre nombre de voisins puis l’unique Lalou Bize-Leroy de la pertinence de ses choix de viticulture.
Nicolas Joly est un pionnier : il est sans doute le premier à avoir appliqué à la vigne les préceptes de Rudolf Steiner, lequel ne s’y était jamais intéressé et n’avait probablement jamais mis les pieds dans une vigne.
Il faut dire que la vigne est une plante particulière, résistante et fragile à la fois.
Son objectif premier était de débarrasser la terre des produits chimiques qui, au cours des années 60/70, commencent à détruire la vie microbienne et bactérienne. Le résultat, toujours dixit, est (serait) une tendance accrue aux maladies cryptogamiques et un excès d’acidité. Il critique également les levures (plus de 300) qui sont utilisées en vinification pour redonner du goût aux vins, mais aussi l’osmose inverse, qui pourtant ôte de l’eau sans dénaturer le goût.
C’est donc dans les lois macrocosmiques qu’il faut aller chercher la vérité.
Les débats entre le conventionnel, la démarche HVE, le bio et la biodynamie ne sont pas ici le sujet. L’influence de Nicolas Joly est immense, elle perdure, elle a permis d’aller plus loin dans l’observation de la vigne, de ses besoins, de ses équilibres. Convaincant, Nicolas Joly l’est, indubitablement. Sa démarche a permis une autre forme de progrès, sans produits de synthèse, avec une démarche (presque) globale.
Il est dommage que l’instabilité des vins produits par le domaine, depuis des décennies, empêche d’apprécier pleinement le travail réalisé par cet excellent orateur. Il a inspiré les plus grands, mais il a peut-être oublié que pour faire des grands vins il fallait aussi être un grand vinificateur.
