
L’histoire de Nuits, devenue Nuits-Saint-Georges, est contrastée : elle a donné son nom à la côte qui va de Marsannay à Corgoloin, mais ne comporte aucun grand cru et souffre d’une image inférieure aux autres grands villages de la région (Gevrey, Chambolle, Vosne et même Morey). On pourrait dire la même chose de Beaune !
Et pourtant, on y produit de très grands vins depuis longtemps, avec une personnalité qui les distingue de tous les autres : plus de tannins, plus de puissance, parfois plus de dureté aussi. Le cru les Saint-Georges est également depuis plus d’un siècle en « odeur de sainteté », ce qui pour le vin signifie qu’il attend avec impatience son statut de grand cru, largement mérité.
Dans cette attente, les producteurs s’organisent, dont le premier d’entre eux, le domaine Henri Gouges. Premier par l’histoire, car Henri Gouges lui-même fut le plus actif défenseur des vignobles de Côte-d’Or, avec le baron Le Roy et le sénateur Capus, ardents défenseurs des appellations d’origine. Co-propriétaire de Saint-Georges, il n’en profita pas pour faire classer celui-ci en grand cru, démontrant une belle qualité humaine.
Le terroir de Nuits est réparti sur les communes de Nuits-Saint-Georges et Prémeaux-Prissey : il comporte trois grandes typicités avec les parcelles du nord, proches de Vosne, celles du centre et celles de Prémeaux au sud. Les trois parcelles les mieux considérées sont les Saint-Georges, les Vaucrains et les Didiers, monopole du domaine des Hospices de Nuits.
La ville de Nuits-Saint-Georges abrite également des producteurs renommés au-delà de l’appellation : Thibault Liger-Belair ou Prieuré-Roch, domaines récents, et d’autres plus anciens et locaux, comme les nombreux Gavignet et Dufouleur, ou Chevillon.
