Saint-Estèphe

Le vin du Nord (du Médoc) a dans le verre la couleur qui manque au ciel : le rouge. Voilà une appellation qui ne laisse pas indifférent. Les vins sont réputés les plus durs du Médoc, les plus puissants, les plus tanniques. Ils ont une climatologie particulière, réussissant des millésimes compliqués ailleurs (1979, 2003), et un style unique. Les petits châteaux offrent souvent des rapports qualité-prix remarquables. Les grands… c’est une autre histoire. Dépourvue de premier cru, l’appellation compte deux seconds de très haut niveau, mais peu de crus classés en général, ce qui donne toute leur importance aux crus bourgeois.

Cos-d’Estournel

2e cru classé


Longtemps propriété de la famille Prats, il appartient maintenant à Jean-Michel Reybier, qui a investi des sommes importantes dans les chais et étendu la gamme. Ce vin fut longtemps la référence de l’appellation, avec notamment la caractéristique de réussir les millésimes impossibles (1987 par exemple). Le héraut de l’appellation est devenu un vin à la recherche de la puissance, laissant parfois de côté l’équilibre qui le définissait. Les prix ayant également bondi au-delà du raisonnable, on pourra se concentrer sur les millésimes du passé, prêts à boire, et pour une somme plus modique que les récents ! Les différents blancs produits par la propriété restent un mystère.

Montrose

2e cru classé


Montrose lutte depuis des décennies avec Cos pour savoir quel est le seigneur de son appellation. Il était difficile de répondre à la question, tant les deux propriétés étaient tournées vers l’excellence. La reprise par la famille Bouygues a permis d’aller encore plus loin, sans dénaturer le style et le terroir. Aujourd’hui, c’est réellement le seigneur de Saint-Estèphe, et même ses autres vins (La Dame de Montrose et Tronquoy-Lalande) sont dignes d’intérêt.

Calon-Ségur

3e cru


Propriété des familles Capbern-Gasqueton & Hanappier, ce merveilleux terroir a produit de grands vins, malheureusement parfois gâchés par des économies sur la qualité des bouchons, toujours incertaine ! Rien de tel aujourd’hui, où la qualité de la production est devenue régulière, tout en restant excellente. Même le second vin (Marquis de Calon) est de qualité. Un vin qui reste dans des limites pécuniaires correctes, surtout par rapport aux deuxièmes crus…

Lafon-Rochet

4e cru


Curieuse bâtisse jaune plantée dans le vignoble, ce vin a produit depuis les années 1990 de très bons vins. Il a aussi cette particularité d’avoir abandonné la conversion au bio, suscitant une controverse ridicule. Hélas ! La famille Tesseron, divisée, a cédé la propriété. Il est encore trop tôt pour savoir ce qu’il adviendra de ces vins, mais la qualité semble maintenue.

Cos-Labory

5e cru


Propriété sans grand relief, elle vient d’être rachetée par son puissant voisin d’Estournel. On s’attend donc à de grands changements sur les vins.

Crus Bourgeois

Beau-Site


Petit vin honorable à prix doux.

Capbern


Souvent très agréable et très raisonnable, par l’équipe technique de Calon.

Haut-Marbuzet


Sans doute le plus connu des Saint-Estèphe non classés, grâce au travail remarquable d’Hervé et Henri Dubosq. Le 1990 est particulièrement exceptionnel, mais la qualité d’ensemble est régulière.

Le Crock


Autre propriété des Cuvelier de Saint-Julien (Poyferré), Le Crock est atypique pour son appellation, avec une proportion de Petit Verdot étonnante. Sa bonne capacité de vieillissement est un atout supplémentaire, qui renforce sa position de valeur sûre et de remarquable rapport qualité-prix.

Les Ormes de Pez


Propriété des Cazes (Lynch-Bages), ce vin n’a jamais réussi à percer au sein des meilleurs Saint-Estèphe.

Lilian-Ladouys


Une propriété en progrès constant, qui donne des vins assez équilibrés.

Meyney


Une propriété issue du démantèlement du groupe Cordier, Meyney a toujours offert un bon rapport qualité-prix, et s’améliore encore.

Pez


Une propriété tout en finesse, étonnamment pour un Saint-Estèphe, propriété de la famille Rouzaud (Roederer). C’est un vin élégant et une valeur sûre.

Phélan-Ségur


Repris en 1986 par Xavier Gardinier, venu de Champagne, porté au sommet dès les premières années, et plus encore sous la direction de son fils Thierry, il a été revendu à Philippe Van de Vyvere, qui a imprimé une nouvelle direction pour les vins. Le vignoble a perdu 22 hectares, revendus à Montrose.

Tronquoy-Lalande


Dans la galaxie Montrose, je demande le moins cher : et c’est quand même très bon !