
Si la Champagne a son illustre inconnu en la personne de Jean-Baptiste François, le Beaujolais tient le sien avec Victor Pulliat dont les travaux font pourtant encore autorité aujourd’hui, en tout cas auprès des ampélographes, matière dont il fut un pionnier.
Né en 1826, il est connu pour avoir publié avec Alphonse Mas la revue Le Vignoble, puis connut la consécration comme professeur titulaire à l’Institut National d’Agronomie de Paris. Il finit sa carrière et sa vie comme directeur de l’École d’Agriculture d’Écully.
L’échelle de Pulliat classe les cépages en fonction de leur maturité, elle est encore utilisée de nos jours. Il préconisa également, à partir de 1863 et surtout 1879, le greffage des vignes pour lutter contre le phylloxéra. Ce n’est qu’en 1888 que le ministère approuvera cette méthode de lutte contre l’insecte ravageur.
Il trouva le temps d’être également maire adjoint de Chiroubles, délégué de la société des agriculteurs de France, mais son grand œuvre fut la collection de 1 200 plants de vignes venus d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique.
Néanmoins, d’un point de vue historique et économique, c’est le vignoble mondial tout entier qui lui a une dette incalculable : grâce à ses essais de greffage, par l’observation de la résistance des plants sauvages d’Amérique, et à une expérience acquise dès sa jeunesse sur les rosiers, il contribua à sauver un vignoble condamné : les crus qui font notre fierté et notre joie auraient pu disparaître ! Le gamay se révéla particulièrement adapté à la greffe sur plants « Taylor ». Sa revue spécialisée « La vigne américaine et la viticulture en Europe », évidemment très spécialisée, connut le succès pendant les trente années qu’il fallut pour reconstituer le vignoble français après les ravages phylloxériques.
